mercredi 13 septembre 2023

Partir, rester, partir...

(English will follow)


Après des années de délais et d'hésitations, le voyage est enfin devenu une réalité. Covid, déménagement, maladie... J'étais prêt à accepter tous les retards, obstacles, et empêchements, mais au bout du compte, mon objectif était devenu une but, une raison d'être, presque une obsession. 

Ma publication précédente sur ce blogue date de plus de trois ans. Les restrictions liées au Covid 19, incluant les interdictions de voyager, venaient de prendre effet. Je m’interrogeais sur les implications que tous les bouleversements que le monde vivait auraient sur le voyage et le tourisme dans l’avenir. J’’étais d’avis que les voyageurs avaient une responsabilité, les voyageurs en vélo particulièrement, de même que peut-être de nouvelles opportunités. Mon opinion n’a pas changé, et le style de voyage que j’adopte aujourd’hui la réflète.

Je suis donc parti le 12 août dernier, à destination de Londres. C'est tout ce que j'avais, une destination et un vol de retour: 8 février 2024, de Lisbonne à Montréal. Entre les deux, pas d'itinéraire précis, pas d'échéancier autre que celui imposé par les restrictions de séjour dans l'espace européen (toute l'Europe sauf le Royaume-Uni et l'Irlande). 

La première personne qui m'a hébergé grâce au réseau Warmshower m'a donné quelques conseils qui ont orienté les premiers jours et la direction générale à prendre. D'autres personnes rencontrées en chemin m'ont donné elles aussi des impulsions. Mon plan de départ, assez vague, consistait à me rendre rapidement en Irlande et à remonter pour ensuite traverser en Écosse. J'ai en fait décidé de faire le contraire, question de me retrouver dans le nord de l'Écosse avant les froids de l'automne.


Voilà tout juste un mois que je suis sur les routes et me voilà dans les Highlands. J’ai dépassé les 1300 kilomètres. J'arrive à Inverness demain. Dans 4 ou 5 jours, je serai à l'extrémité nord du pays (John o' Groats). Je compte prendre le traversier et aller passer 2 jours dans les Îles Orcades (Orkneys). Il parait que c'est à ne pas manquer pour un amateur d'histoire et d'archéologie.

Ensuite, je descendrai la côte ouest du pays, probablement par les Outer Hebrides. Je n'avais pas visité ces îles il y a dix ans, et le climat atlantique devrait y être assez doux. Mais je ne tiens rien pour acquis. Si le mauvais temps s'en mêle, je me donne la permission de changer de destination, d'échéancier, de moyen de transport. 

L'Angleterre n'a pas été facile. L'itinéraire que j'ai choisi m'a fait passer par une multitude de petites, pour ne pas dire minuscules, routes. Rien à redire là-dessus, je préférais éviter la grosse circulation. Mais je me suis également retrouvé à maintes occasions (presque chaque jour, en fait) sur de petits sentiers à travers champs et boisés. C'est très pittoresque, assez dépaysant, et moi, en bon curieux, j'étais assez intéressé à découvrir ces campagnes. Mais, immanquablement, il m'est souvent arrivé de devoir rebrousser chemin, de marcher en poussant mon vélo, ou de devoir le décharger de tous ses sacs pour le hisser par-dessus une barrière. Ces retards m'ont parfois empêché de bien prévoir où j'allais atterrir pour la nuit. C'est là que je me suis mis à recourir au camping sauvage. Pas facile dans un pays aussi densément peuplé de trouver un coin tranquille et discret, mais j'y suis toujours arrivé, la plupart du temps à la brunante (c'est toujours mieux pour éviter d'attirer l'attention).


J'ai ainsi découvert des endroits formidables auxquels je n'aurais pas pensé. Je me suis également découvert des ressources personnelles.

Je savais que la façon de voyager que j'avais choisie ne serait pas facile. J'ai besoin d'une certaine routine, comme la plupart des humains, j'imagine. La routine, c'est le confort. On n'a pas à se demander chaque jour ce qu'on va manger, où on ira, où on passera la nuit. Ces questions, jour après jour, peuvent être source d'anxiété et de stress. 


Je le savais, et c'est un peu pour tester mes capacités que j'ai décidé de le faire ainsi. Je sais que je peux être débrouillard, mais mes aptitudes à organiser et à prévoir sont limitées. De plus, je suis assez réservé, timide, et je ne vais pas facilement au devant des gens pour leur demander ce dont j'ai besoin.


Depuis que je suis en Écosse j'ai pris un second souffle. D'abord, les petits sentiers à travers champs, c'est terminé, il ne semble pas y en avoir ici. Et puis, il est beaucoup plus facile de trouver où planter sa tente. Le territoire est vaste et les sites sont magnifiques. Si la météo continue à être de mon côté, je compte bien l'apprécier.



Away!


I finally did it! I left for that long, once in a lifetime bicycle trip I had planned for years. The travelling mechanic is on the road. Ok, he will be his own mechanic. I have no intention of trying to find a job, I’m too busy pedalling. A month through the UK and I’ve pedalled over 1300 km. I’m now in the Scottish Highlands, in Inverness precisely. I plan to be in John ‘o Groats (the north tip of the country) in 4 or 5 days. From there I’ll visit some of the islands (Orkneys, Outer Hebrides) before crossing to Ireland.

The past years have been tough on this travel plan, as for anyone, I guess. After Covid, came the sale of our house and a move to another city, a new job, and finally illness, which kept me and all of my plans on hold. I was disappointed but serene. What can one do in that situation? 

But my determination was strong, I guess, and as soon as my doctors were done with me, I began seriously planning the details of my trip.

In my last post, just as Covid restrictions began, I had big interrogations about what the future of travel would be, as well as about our responsibilities were as travelers, as strangers. I still, more than ever, have these concerns in mind, each and every day. That’s part of the reasons I travel the way I do.

So I landed in mid-August in London. I have a return ticket from Lisbon to Montréal in early February. 6 months. For a number of reasons, that’s all I was allowed. Yet, I took every measure to be free to prolong, if I feel like it. I bought myself this freedom. I travel freely, and I have every intention to stay that way. Unless the unthinkable of course. In the back of my mind, the unthinkable always lies.


So about travelling, so far? England was hard. Most of it was on small, tiny country roads, often on bridle or foot paths which resulted in dead ends or me having to carry my bike and all of its load over gates. The north of the country had devilish climbs that had me push my bike. Sure, it was pretty, charming, and full of surprises, and I must admit that my own curiosity led me in most of these cases. But I enjoyed the architecture, the history, the people.


I purposely chose to adopt a nomad lifestyle that may induce some incertitudes or even anxieties on this trip. Not knowing where you’ll sleep, what you’ll eat or even when you’ll get somewhere, day after day, certainely isn’t something most people aim to as a life goal. You pay the price of freedom everyday. I am not a guy who’s at ease with this, neither do I have good organisational skills. I have to rely mainly on my good luck. It’s a challenge I wanted to take, to learn to live out of my comfort zone. But I’ll have more to say about this.


Scotland is a charm, so far. Tranquill roads, magnificent sceneries, ample spaces to camp in the wild, long, not too steep climbs, and I’ve been blessed with a weather even the locals can’t believe. 

Let’s see what I have to say about it in a few days…



6 commentaires:

  1. Je suis allée en Écosse en 2008, voyage sac à dos, sans aucune réservation. C’était un de mes plus beaux voyages. J’adore te suivre! Dans quelle Auberge de jeunesse dors-tu à Inverness? J’attends la suite

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    1. Merci! Je suis à l'auberge de jeunesse d'Inverness (SHA)! Ces voyages en toute liberté sont ceux qui laissent plus de souvenirs, en effet!

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  2. Très beau texte et bon choix de photos!

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  3. Beautiful photos and thank you for sending me the link. Please write loads about Orkney! And Lindisfarne! Though you don't have much time for writing. Good luck and may your tyres always stay intact.

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    1. Thank you! I do intend to write a lot! In the meantime I take notes...🙂

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