mercredi 18 septembre 2013

10 façons faciles de rendre la ville vivable...

...et elles visent toutes les automobilistes! En tant que cycliste, j'en ai aussi, des invitations à adopter un "comportement responsable". Lorsque je suis derrière le volant, je considère normal de faire de même!



Proposition pour un
Code d’éthique de l’automobiliste responsable

1.  Je suis conscient que la voiture constitue un moyen de déplacement confortable et pratique, mais qu’elle entraîne des coûts élevés pour la société et l’environnement ainsi que des risques pour les personnes et tous les êtres vivants.

2.   La route (rue, chemin, boulevard) ne m’appartient pas. Elle est à l’usage de tous les citoyens, et tous en sont responsables. L’automobile n’est qu’un moyen de transport parmi d’autres, pas le plus important ni le plus essentiel.

3.  Je respecte l’environnement, que ce soit en ville ou dans la nature. J’évite donc de jeter des déchets hors de ma voiture, de laisser mon moteur en marche à l’arrêt, de prendre la voiture lorsque ce n’est pas nécessaire, de rouler à une vitesse excessive, etc.

4.   Je respecte la société à laquelle j’appartiens. Je me soucie donc de la sécurité et de la qualité de vie de ceux qui m’entourent ou qui vivent dans les lieux où je circule : piétons, cyclistes, résidents, autres automobilistes et animaux.

5.  Je pense en tout temps à la sécurité de mes passagers, car leur vie est entre mes mains.

6. Je suis particulièrement vigilant en ce qui a trait à la sécurité des personnes ou des êtres qui sont les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, handicapées ou désorientées, animaux. Je cède le passage à chaque occasion où cela est possible et sécuritaire.

7. J’évite tout ce qui peut distraire mon attention lorsque je suis au volant : téléphone, musique trop forte, lecture, conversation animée. Si je dois répondre à un appel, consulter des documents ou porter une attention particulière à autre chose que ma conduite, je me range momentanément.

8.  J’évite bien sûr de conduire lorsque je suis sous l’effet de l’alcool, de drogues ou de sentiments extrêmes comme la colère, le découragement, l’exaltation ou le désespoir, ou si je pense que je risque de souffrir de malaises, douleurs, crampes, évanouissements, etc.

9.  Je me montre courtois envers tous, y compris les autres automobilistes, conscient que ce comportement ne peut qu’encourager les autres à faire de même. Je ne fais pas preuve d’agressivité et je tente, par mon attitude, de désamorcer toute situation potentiellement violente.

10. Enfin, j’essaie le plus souvent possible de laisser la voiture à la maison et d’utiliser les transports en commun, la marche ou la bicyclette pour mes déplacements, en j’en profite pour apprécier les effets bénéfiques que cela procure : amélioration de ma santé, réduction du stress, nouvelle façon de voir la ville, contacts humains, protection de l’environnement. J’encourage ma famille et mes amis à faire de même. 

mardi 17 septembre 2013

La loi du plus fort n'est pas la meilleure!

Ce blogue n’est pas assez vieux pour qu’on connaisse encore bien son caractère. Il est sensible, vous l’aurez remarqué. Indigné, presque en permanence. Prompt à réagir, à se mettre en colère, tout à fait. Revendicateur, contestataire, provocateur, j’en conviens.
Par ailleurs, je trouve que les cyclistes (de même que les piétons et les usagers des transports en commun), sont en général un genre facile à vivre. Ils circulent en ville sans faire trop de chichis. Ils ne revendiquent pas grand-chose, ils ne se plaignent pas souvent. Ils participent à des masses critiques où ils roulent en silence.

Les cyclistes qui réclament des aménagements plus sécuritaires, des règlements plus justes, un simple renforcement des règles déjà existantes sont plutôt rares, et ils ne lèvent pas la voix très haute. Quant aux groupes qui sont censés les représenter... nous sommes bien loin de l’époque du Monde à Bicyclette et des protestations courageuses et éclatantes des Claire Morissette et Robert Silverman.

On dirait que les cyclistes hésitent à prendre leur place. Ils sont timides, timorés. Ils ont l’impression d’empiéter sur le territoire de la sacro-sainte automobile, de profiter d’un droit qui ne leur est pas acquis. Surtout, ils se sentent en sursis, sur la corde raide, toujours à deux doigts d’y laisser leur peau.

C’est compréhensible. Autour d’eux, le discours n’a rien de rassurant. Dès que le micro d’un journaliste se tourne vers les automobilistes, les plaintes à l’égard des cyclistes pleuvent :

« Ils prennent trop de place! »
« Ils ne respectent pas les règles de la circulation. »
« Ils sont imprudents! »
« Ils ne payent pas pour les routes, eux! »

Les élus, les policiers, les chroniqueurs y vont de leurs constats :

« Ce sont des dangers publics! »
« Il faut les remettre à leur place. »
« Les règles doivent être les mêmes pour tous. »
« On doit les responsabiliser. »

Même leurs propres porte-paroles, ceux qui devraient les comprendre et les défendre :

« ...c’est vrai qu’il y en a des irresponsables »
« Les cyclistes doivent eux aussi respecter les règles... »

Et en avant les campagnes de sensibilisation, les publicités, les conseils de prudence. Qui s’adressent à qui? Aux cyclistes et aux piétons, bien sûr!

Quelque chose m’échappe. L’équation ne marche pas. Qui dit accident impliquant un cycliste dit généralement impact avec un véhicule motorisé. Cent kilos sur deux roues contre plusieurs tonnes de métal. Impact à vélocité variable, mais une vélocité qui est produite en plus grande partie par l’automobile (ou le camion, l’autobus...). Alors, objectivement, la plus grande part de responsabilité n’incombe-t-elle pas à celui qui se déplace le plus vite, dans le véhicule risquant de causer le plus de dommages?

A-t-on pensé un seul instant à adresser des conseils de conduite aux automobilistes? Après tout, ce sont eux qui sont derrière le volant de machines à tuer. Ne sont-ils pas responsables de leur vitesse, de leurs actions, de leur agressivité, de leur négligence? Pourquoi les cyclistes et les piétons sont-ils alors le plus souvent la seule cible des campagnes de sensibilisation et de sécurité?

Lorsqu’un cycliste ou un piéton se fait renverser par une automobile, on met rarement la faute sur le conducteur. Je pourrais dire jamais. Dans les dernières années, je ne me souviens que de deux ou trois exemples où l’automobiliste a été tenu responsable. Toujours, il a fallu démontrer qu’il conduisait alors que ses facultés étaient affaiblies.
Pourtant, AUCUN accident n’est inévitable.

La seule campagne de sensibilisation qui vaille la peine devrait viser les automobilistes. Tous les détenteurs de permis de conduire devraient être sensibilisés à ceci :


L’automobile, même la plus petite, la plus légère, même lorsqu’elle circule à basse vitesse, constitue une force en déplacement qui est potentiellement mortelle. L’automobiliste est un être humain, sujet à des lacunes. Le conducteur le plus expérimenté peut être victime d’un malaise, d’une distraction, d’une crise de colère...

Le véhicule qu’il conduit se déplace généralement dans un environnement où se trouvent également d’autres voitures, des piétons, des cyclistes, des animaux, des enfants, qui tous ont des trajectoires et des comportements différents, souvent imprévisibles.

Vous voyez où je veux en venir. Cela tombe sous le sens, vous ne trouvez pas?

Lorsqu’un accident se produit, c’est TOUJOURS l’automobile qui cause le plus de dommage. Et peu importe les circonstances, SEUL l’automobiliste est en mesure de réduire ou d’atténuer ces dommages. On sait tous comment : la prudence est affaire de bon sens. La vitesse ne doit jamais dépasser la capacité d’inattention de ceux qui circulent autour, cyclistes, piétons, enfants...

Alors, oui, les cyclistes ont leur place dans les rues. Le plus grand écervelé à pédales ne sera jamais une aussi grande menace que la plus minuscule des bagnoles.


Pour ce qui est du droit de circuler, j’y reviendrai...