dimanche 26 avril 2020

Le non-voyage, ou le voyage intérieur.


(English follows)

Avril 2020

Me voici donc confronté, comme tant d’autres, à une réalité tout à fait inattendue. Qui aurait pu imaginer, il y’a de cela à peine quelques semaines, que tous projets de voyage seraient suspendus pour une période indéterminée, et ce, pour l’ensemble des humains de cette planète. Les rêves d’une vie, les projets de vacances, les réunions de famille, tout est en suspens.

Étrangement, face à l’universalité de la contrainte, je ne ressens ni colère, ni frustration, ni sentiment d’injustice. Tout au plus, l’acceptation d’une fatalité qui nous atteint tous, indistinctement, qui que nous sommes.

Le Cyclo-mécano devait partir début juillet. J’avais l’intention de passer environ six mois en Europe, en me déplaçant du nord vers le sud, pour traverser en Afrique au début de 2021. La suite aurait dépendu de mon humeur et de l’air du temps, et aurait pu m’amener au Moyen-Orient, en Asie, en Océanie. Au total, l’ensemble du voyage aurait pu s’étendre sur deux ans.

À l’heure actuelle, les mesures sanitaires de par le monde rendent les voyages quasi impossibles. Lorsque les restrictions seront levées, les voyageurs devront encore faire face à beaucoup de difficultés : hausse des prix des billets d’avion, rareté des hébergements, effondrement des services aux voyageurs, rejet des étrangers dans beaucoup de pays…

Il faudra attendre plusieurs mois, voire des années, avant que le voyage redevienne acceptable. Il faut cependant savoir que rien ne sera plus comme avant. Le tourisme va devoir se réinventer, et il appartiendra aux voyageurs de trouver des moyens de le rendre acceptable, durable, respectueux de la nature, des cultures, des traditions et des peuples, tout en ayant un minimum d’impacts.

Les voyageurs à vélo auront une belle opportunité de faire la preuve que leur moyen de transport permet tout cela. Ils devront cependant faire preuve d’une grande ouverture et d’humilité face à ceux qui prendront la peine de les accueillir.





Les mois qui viennent doivent donc servir non seulement à planifier les prochaines aventures, mais également à développer cette nouvelle attitude face au monde. Il faut tout réapprendre, parce que nous vivrons dorénavant dans un nouveau monde.

Il ne s’agit plus de se demander quand les choses reviendront à la normale, mais bien de redéfinir la normalité

En attendant, portez-vous bien et restez chez vous.





April 2020

To travel or not to travel.

At this time, the Traveling Mechanic should have been busy getting ready or his long journey. The departure was supposed to take place early July. But he slowed down on his schedule. He will not be ready. He will not leave in July, obviously. He will probably not leave in the fall, nor during next winter. Who knows if he will ever leave.

So, like most people on Earth, I wait. Travel plans are postponed. And nobody can say when it will be okay to travel again. Even if in Canada, things were to go back to “normal” late in the summer, or in the fall, chances are it will not be the case everywhere else in the world.

On top of that, I strongly believe the planet is in a state of deep changes, and tourism is at the forefront of those necessary changes. After a pandemic that has, for the first time maybe in History, brought together all walks of society in nearly every country to a simultaneous halt, maybe, hopefully, the world will opt to start on different bases, with new social and economic exchanges that are fair, respectful and sustainable. Maybe, for once, we will feel that it’s time to put these principles to work, that the momentum will be strong enough for the changes to be effective.

Travellers will have to face some hard times. Some countries will suffer more than others from this pandemic. Nobody can predict in what state the world will be after this tragedy. In my opinion, tourism will never be as carefree as it was. Travellers will have to learn to be a relief, not a burden. And to merely spend their money into the local economy will not be enough. In some parts or the world, people coming from abroad are now perceived as a menace, or as a cause of the spread of the pandemic. Travellers may not feel welcomed.

To travel by bike, being mostly self sufficient, will be, I believe, one of the best way to demonstrate that tourism can be acceptable again. So my advice is: travel with a mission, i.e. with an open mind and the desire to know, to accept and to share. Be curious, learn a language, talk to people, be aware that you have more to learn than to teach. Deserve and gain confidence from the people you wish to join.


In the meantime, stay home and stay strong.



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