dimanche 16 mars 2014

Emballages individuels...

Ce fut tout un hiver. Personne ne dira le contraire. Et je ne sais même pas si on peut le considérer comme terminé. Ça s’est déjà vu, des tempêtes de neige en avril.

Il y avait plusieurs années que je n’avais pas roulé tout l’hiver. J’ai toujours roulé quelques jours par mois, entre décembre et mars. Cet hiver, ce fut plusieurs fois par semaine, et ce fut mon plus bel hiver depuis longtemps. Non seulement j’ai gardé une forme physique qui habituellement se dégrade durant cette période de l’année (pas besoin de spinning pour moi ce printemps!), j’ai aussi amélioré ma santé mentale en luttant contre les blues de l’hiver! Vous savez, l’énergie qu’on ressent, les matins où on arrive au travail en vélo, et qui perdure toute la journée? Qui n’a pas rêvé de connaître cet état de grâce même durant les journées de froidure?

Comme je me plaisais à répéter presque tous les jours, en espérant convaincre mes collègues de travail : « le vélo d’hiver, l’essayer, c’est l’adopter! » C’est d’ailleurs une phrase souvent lue sur la page Facebook de cette joyeuse bande d’hurluberlus : https://www.facebook.com/groups/velodhiver/?fref=nf




La semaine dernière, Le Devoir rapportait qu’un cycliste a été condamné en décembre dernier à payer une amende de 1000 $ pour avoir brûlé un feu rouge à Longueuil*. Le quotidien a reçu des centaines de commentaires de lecteurs à la suite de l’article rapportant cette nouvelle, et a cru bon de clarifier les faits.

Le cycliste a mérité cette amende, selon le juge Guy Cournoyer  de la Cour Supérieure du Québec, parce qu’il aurait « ...manoeuvré son véhicule de façon à risquer la sécurité d’autrui... »... Le jugement soutient que la bicyclette doit être considérée comme un véhicule au même titre que les autres et doit donc être soumis aux mêmes dispositions du Code de la Sécurité routière. Ce jugement vient créer un précédent. Les rares instances où le vélo peut faire l’objet d’un traitement différent de celui d’un autre véhicule aux yeux de la loi se trouvent abolies par cette jurisprudence.

Réaction de Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo-Québec :

 « Il y a des aberrations, c’est pourquoi on demande une révision depuis des années. Le CSR n’est pas assez précis et n’a pas été revu depuis 1979. Le vélo n’avait pas à l’époque la place qu’il occupe dans la mobilité urbaine »

Je me garderai une petite gêne quant à ce que je pense des propos que tient en général Mme Lareau (entre autres dans le même article du Devoir). Mais je suis d’accord avec elle sur ce point.

Cependant, elle passe selon moi sous silence un large pan de ce qui devrait faire débat sur la question, qui dépasse de loin une mise à jour (nécessaire) du CSR, et c’est cette frilosité de la part du seul organisme majeur de défense des cyclistes qui me hérisse.

-En quoi un cycliste pesant 100 kg et roulant à 20 km/h peut-il mettre en danger des automobilistes abrités à l’intérieur de cages d’acier de 1000 kg?

-Pourquoi la bicyclette, un véhicule qui n’a que des impacts positifs sur la santé, l’environnement, l’économie, le bruit, la qualité de vie générale des résidents, et j’en passe, doit-elle toujours être mise sur le même tableau que l’automobile?

-Pourquoi les cyclistes (comme les piétons) doivent-ils toujours être visés par les campagnes de promotion de la sécurité? Comment n’arrive-t-on pas à se débarrasser du paradigme qui accorde à l’automobile le droit d’occuper la principale place (TOUTE la place) en ville?

Je m’arrête là pour l’instant. J’ai déjà fait état de ce que je pense de la question.

Continuons le combat…



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